Nous avons tous été contraints pendant quelques semaines, voire quelques mois, d’abandonner nos confortables bureaux, notre délicieuse cantine, nos reposants embouteillages ou notre convivial RER.

Alors je ne vais pas vous parler de productivité ou de confiance dans le collaborateur, tout a déjà été dit, et son contraire.

Le télétravail persistera au confinement et pour plusieurs raisons, même si dans l’état de la technologie, il ne peut pas être permanent pour de nombreux postes, il présente des avantages indéniables.

 

Le temps perdu regagné

 

Les temps de transports sont un problème planétaire, de la pollution à la fatigue, en passant par l’inflation de l’immobilier a proximité des centres d’emploi ou tout simplement le coût du déplacement.

 

 

Je ne vois que des avantages à les réduire au maximum, même si le temps gagné n’est pas un temps de travail, il assure un meilleur confort de vie et permet d’éliminer une dose de stress tout autant pour commencer sa journée, que pour profiter de ses soirées.

 

L’avenir de l’immobilier d’entreprise

 

Il y avait déjà une tendance à la réduction, avec les espaces partagés ou la suppression de salles de réunions utilisées à 10%, mais elle va fortement s’amplifier dans les prochaines années.

Une société comme Apsynet consacre plus de 10 000 euros par salarié aux locaux, je vous parle uniquement de la location, même pas de services généraux, ni même des diverses taxes transports dont sont ponctionnées les entreprises : participation Navigo, taxe sur les bureaux, versement mobilité.

Les locaux doivent être : accessibles en transports, suffisamment spacieux, dotés d’un système de restauration collective, sécurisés, etc.

Ils doivent aussi être équipés et aménagés pour offrir une ambiance de travail agréable et rendre la société attractive aux candidats.

Réduire les locaux est maintenant une évidence, au point de se demander si le besoin d’un siège physique existe toujours ?

 

Les locaux à conserver

 

Tout ceci amène donc à réfléchir à ce qui requiert un site physique. Qu’il s’agisse d’une location en permanence ou d’un espace de coworking à la journée, les usages sont certes plus limités mais certains persistent.

Il faut d’abord penser aux collaborateurs qui ne peuvent ou ne veulent pas télétravailler : domicile trop petit, présence d’éléments perturbateurs, peur de l’isolement, nature de l’activité.

Même des sociétés tertiaires conservent quelques documents physiques, des fournitures ou des biens matériels (pour équiper les télétravailleurs), Tous ces éléments doivent être réceptionnés et stockés, il faut donc une base logistique minimale.

Restent les points de rassemblement : réunions diverses (entre 20% pour un collaborateur et jusqu’à 80% pour un manager) et surtout ces innombrables échanges informels au coin d’un bureau ou à la machine à café

Certes les messageries instantanées, couplant chat, voix et vidéo ont montré leurs capacités mais aussi leurs limites : avatars techniques ou réticences réelles, elles ne peuvent pas se substituer totalement au dialogue en face à face.

On en arrive donc à la conclusion qu’un espace d’échange doit être mis à disposition des collaborateurs et surtout qu’il leur soit facile d’accès.

 

Il faut gérer ce double lieu de travail 

 

Il est difficile aujourd’hui de composer avec la difficulté d’organiser une réunion, cumulée désormais à celle de demander aux collaborateurs de se déplacer pour celle-ci.

C’est probablement cette impression de « déranger » qui a conduit certains managers à mettre un terme au télétravail dès la fin du confinement.

C’est légitime au sens du droit du travail, mais c’est manquer une opportunité importante qui a démontré son efficacité.

La généralisation du télétravail change la donne, celle-ci doit être accompagnée et faire l’objet de concessions de part et d’autre.

L’entreprise gagne en disponibilité du collaborateur et fait des économies sur les locaux, il faut donc accepter que certaines positions bougent dans la sacro-sainte règle de subordination chère au droit du travail.

Il va falloir quelques temps pour les choses se stabilisent et que les limites à ne pas dépasser soient clairement établies pour les deux parties, mais nous ne reviendrons pas à l’ancien système.

 

 

Olivier Piochaud, PDG d’Apsynet

 

 

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