Vous avez sûrement tous entendu dire que les smartphones modernes sont plus puissants que l’ordinateur qui contrôlait Apollo 11 pour envoyer les premiers hommes sur la Lune.

Et peut-être aussi que bientôt, le smartphone doté d’un clavier virtuel ou d’une reconnaissance vocale performante et d’un écran projeté signerait la mort des ordinateurs personnels.

Bon, arrêtez de rêver, l’ordinateur d’Apollo a 50 ans et selon la loi de Moore est 35 millions de fois moins puissant que son équivalent actuel, et pour autant que je sache il n’envisageait pas de diffuser un film en HD tout en vous géolocalisant à 10 mètres près.

Pour ce qui est des technologies d’entrée/sortie, on en est encore loin, surtout pour l’aspect affichage sauf à s’isoler totalement du monde extérieur avec des lunettes de réalité virtuelle ou partiellement avec la réalité augmentée.

 

Un processeur vraiment à la hauteur  

On peut imaginer que miniaturisé à l’extrême, le microprocesseur, cerveau du smartphone, est en retrait au regard de celui d’un ordinateur.

En fait non, un processeur d’ordinateur fait quelques centimètres carrés pas vraiment plus grand que celui d’un smartphone et comporte plus ou moins le même nombre de transistors (l’unité d’évaluation de la puissance d’un processeur).

Le problème du smartphone est qu’il ne peut pas donner à son processeur la quantité d’énergie que déploie un ordinateur, pour celui-ci on parle de 70 à 100 Watts contre à peine quelques Watts pour un téléphone.

Le téléphone pourrait faire plus, mais outre le fait que cela réduirait énormément son autonomie, la quantité de chaleur dissipée le transformerait en un objet bouillant en quelques secondes.

Le téléphone va donc doser sa puissance et de fait ne pourra pas rivaliser avec un ordinateur et sa ventilation et autres radiateurs de dissipation thermique.

 

Pas assez de mémoire, pas assez de disque 

Une autre faiblesse des smartphones réside dans leur mémoire et leur stockage historiquement limités, même si c’est moins vrai aujourd’hui. De ce fait les applications pour smartphone sont conçues pour moins exploiter la mémoire et le stockage local. Par voie de conséquence, elles génèrent plus d’aller et retour serveur avec les volumes d’échanges et les délais associés.

 

Le prix de la mobilité  

Dans l’expérience utilisateur, ce que l’on appelle la latence réseau joue un rôle important. L’utilisateur attend des réponses de l’application, dans le cas d’un smartphone au lieu de mettre quelques millisecondes, chaque réponse met plus de cent millisecondes lorsque le réseau est un réseau mobile.

La différence peut sembler négligeable, mais quand il faut plusieurs dizaines d’échanges pour obtenir une information et ce n’est pas rare (image, flux de données, contrôle de saisie), je vous laisse faire le calcul, on atteint très vite plusieurs secondes.

 

Les interfaces applicatives 

Et enfin, si un jour le smartphone remplace l’ordinateur, il faudra que les développeurs inventent encore une nouvelle ergonomie, en effet les interfaces sont actuellement orientées ordinateur ou smartphone avec la prise en compte des contraintes de « viewport », de pointeur ou de défilement dont j’ai déjà eu l’occasion de parler. Un smartphone qui joue le rôle d’ordinateur devra reprendre les avantages des modes actuels mais sans trainer les contraintes de chacun, possible mais encore à imaginer …

 

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Olivier Piochaud, Président Directeur Général d’Apsynet

 

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