Il y a déjà quelques temps, j’avais sur ce blog parlé des normes qui ont fait l’informatique moderne, et notamment de quelque unes qui avaient failli ou s’étaient vues dépassées par « meilleures » qu’elles.

Mais il y a aussi certaines normes qui ont échoué à s’imposer pour d’autres raisons dont notre communauté n’est pas particulièrement fière. Je vais donc aujourd’hui vous parler de deux d’entre elles.

 

Desktop Management Interface 

 

Si vous cherchez son acronyme sur Internet la norme apparaitra au tréfond des pages Google, même sa page Wikipédia fait dix lignes en français et à peine plus dans la version anglaise.

Et pourtant vous utilisez ses descendants tous les jours, alors pourquoi un tel échec ?

À l’origine, DMI était piloté par un consortium d’opportunité nommé le DMTF (Desktop puis Distributed Management Task Force), consortium un peu trop ouvert puisque à son apogée il comptait près de 3500 entreprises.

 

 

Son objectif était de décrire de façon normalisée les composants d’un ordinateur afin de faciliter l’intégration, le recensement et la gestion de chacun des composants au travers d’un schéma descriptif nommé CIM (Common Information Model) – et sans rapport avec le produit Apsynet CIM DataCenter qui lui est bien antérieur.

Ce schéma s’est traduit par la création d’un simple fichier nommé MIF (Management Information Format) qui devait regrouper tous les éléments normalisés.

C’est la que tout s’est gâté, chacun des membres voulait y inclure la définition des caractéristiques particulières de ses composants. À 3500 membres vous imaginez le chantier, au point que même pour des composants simples comme un modem, le DMTF n’est jamais arrivé à finaliser un format de description.

En quelques mois le fichier faisait plusieurs centaines de milliers de lignes, et avant que quiconque ne se soit encore préoccupé d’y mettre des données.

Autant dire que l’échec fut rapide…

 

Et ensuite ? 

 

Le DMTF existe toujours, il a modéré ses ambitions, et traite désormais de sujets plus simples, comme SMBIOS, une norme sur le même concept mais limitée aux composants natifs des cartes mères, ou d’autres sur les échanges avec les supports de stockage.

Pour ce qui est de DMI, il a eu deux successeurs :

Le Intel Management Engine, système propriétaire implémenté par Intel dans son matériel, notamment dans la gamme Vpro. En 2017 une faille de sécurité critique, découverte dans ce composant, impossible à désactiver ou à patcher pour tous les matériels existants, a fortement mis à mal sa réputation, et cette initiative.

Le second, imaginé par Microsoft à partir de Windows 2000, est nommé WMI (Windows Management Interface). Cette interface permet d’interroger les composants matériels connus de Windows et certaines données de fonctionnement. Elle est cependant assez inutile pour la partie logicielle.

Elle peut être exploitée par un objet Com ou par PowerShell, même si ses performances sont assez catastrophiques, elle a le mérite d’exister et de faire le job !

Microsoft a donc sauvé cette norme, mais la prochaine fois, je vous parlerai d’une norme pour laquelle Microsoft fut le père et l’assassin : LS-API.

 

 

Olivier Piochaud, PDG d’Apsynet

 

 

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