… Ou comment une sardine a-t-elle pu bloquer le port de Marseille ?

 

Quel rapport, me direz-vous ? Si vous me faites le plaisir de lire cette chronique jusqu’au bout, je vous explique cela à la fin..

Lors de mes différents projets, j’ai souvent été questionné sur le nombre de jours important que je consacre à la gestion de l’accompagnement au changement.
Très souvent, dans les projets, cet accompagnement au changement est négligé, les acteurs concernés étant persuadés qu’un simple fascicule d’explication pourra faire l’affaire.

C’est une erreur, car 90% des projets qui n’aboutissent pas sont liés à une mauvaise gestion de l’accompagnement au changement.
Nous avons beau tout prévoir, faire des interfaces simples et jolies, si l’utilisateur ne comprend pas le sens du changement, il n’y mettra aucune bonne volonté. Pire, il risque de bloquer tout le processus.

 

Mais alors, en quoi consiste l’accompagnement au changement ?

 

Trop souvent, cette étape clef de tout projet est positionnée en phase finale, juste avant ou après la mise en production.

C’est, selon moi, un mauvais calcul. Il faut impliquer des utilisateurs finaux dès les phases de conception. Comprendre, voire anticiper leur besoin, analyser les éventuels blocages techniques, ou organisationnels que le projet peut engendrer.

Que prendre alors en considération ?

Il y a 5 facteurs essentiels :

 

  • Facteur 1 : La résistance au changement

Nous sommes tous pareils, le changement fait peur. Donc pour lutter contre la résistance au changement, il faut accompagner les acteurs, et leur donner confiance dans les changements qui vont s’opérer. Il faut les aider à identifier quels seront leurs intérêts à s’inscrire dans les nouveaux processus.

 

  • Facteur 2 : La mauvaise appréhension des changements de vocabulaire

Le vocabulaire utilisé est très important lors de cette phase. Pourquoi mon dossier s’appelle maintenant un ticket ?
Expliciter correctement les changements de vocabulaire est essentiel pour la bonne compréhension de tous.

 

  • Facteur 3 : Les modifications des habitudes de travail

Tout nouveau projet s’accompagne de modifications (mineures ou majeures) dans les habitudes de travail. Il est très important de les identifier, pour les décrire et expliquer pourquoi ces habitudes doivent être modifiées.

 

  • Facteur 4 : L’acceptation du partage de l’information

La plupart des nouveaux projets au sein d’une entreprise sont pensés pour une meilleure circulation de l’information.
Ceci implique que chacun accepte de partager les données dont il dispose avec l’ensemble des processus impliqués.
Ce n’est pas la partie la plus simple de l’accompagnement au changement, mais elle est essentielle.

 

  • Facteur 5 : L’ancrage des nouveaux processus dans une vision plus globale de l’organisation de l’entreprise.

Enfin, pour que tous les acteurs impliqués acceptent le changement, il est primordial qu’ils comprennent à quoi servent les éventuels efforts qu’on peut leur demander.
Il faut qu’ils comprennent le rôle qu’ils jouent dans le rouage global de la circulation de l’information.

 

Ceci étant dit, quel est le rapport avec ce poisson qui a bloqué le port de Marseille ?

Aucun, si ce n’est que la Sardine n’est pas un poisson mais un bateau. Et que ce bateau s’appelait la Sartine, et qu’il a coulé à l’embouchure du port, bloquant ainsi toutes les entrées et les sorties.

 

 

Thierry Schmitt, Directeur du Consulting chez Apsynet

 

 

Catégories : Transformation digitale