Il y a moins de 10 ans, Apple présentait l’iPad, compromis entre les Smartphones qui s’imposaient déjà et les ordinateurs ultraportables de plus en plus petits et de plus en plus chers.

Bientôt rejoint par le monde Android et notamment les tablettes Samsung, puis par Microsoft et sa Surface, le concept semblait promis à bel avenir.

En 2018, on ne trouve quasiment plus de tablettes Android, la Surface ressemble plus à un PC portable haut de gamme qu’à une tablette, et même Apple semble hésiter à persister dans la voie en rendant l’IPad « pro ».

Comment peut-on expliquer ce cycle de vie aussi court, et surtout qui est le responsable de la fin des tablettes ?

Les promesses des tablettes

Le potentiel de mobilité était l’égal de celui des smartphones, mais en plus associé à une taille offrant à la fois un écran suffisant pour être une solution décente pour la visualisation de vidéos et permettant une autonomie d’utilisation de plusieurs jours grâce à une batterie forcément plus puissante.

Rendre l’écran acceptable pour ceux qui ne disposent pas d’une vue d’aigle capable d’apprécier la HD sur un écran de 4 pouces et ouvrait une cible de clientèle plus âgée pas forcément réceptive aux smartphones.

Enfin, dernier point, la capacité à embarquer un stockage complémentaire (enfin pour certaines) les rendait plus autonomes et moins dépendantes d’une connexion.

Alors derrière ces innovations intéressantes, elles n’avaient pas de point faible, les tablettes ?

Les limites des tablettes

Un matériel certes portable mais pas vraiment autonome, l’absence ou pour le moins le retard français en wifi universel et la difficulté à obtenir une connexion 3G/4G dédiée, ont limité les tablettes à un rôle accessoire, cantonné au domicile, à la limite de la télévision d’appoint ou d’une super télécommande !

Parallèlement la piste de remplacement des ordinateurs portables n’a pas tenu ses promesses. La saisie sur clavier virtuel n’est pas au niveau de celle d’un clavier réel, la reconnaissance vocale encore imparfaite et les claviers physiques complémentaires ne sont pas pratiques pour une utilisation quotidienne. Les capacités de stockage et de sauvegardes restent aussi loin derrière le portable traditionnel.

Des raisons suffisantes ?

Les tablettes ont certes leurs limites, mais sont-elles suffisantes pour expliquer leur extinction programmée comme une vulgaire dynastie de dinosaures ? Faut-il chercher une autre raison, plus bassement économique à ce désamour des constructeurs ?

Ou bien la mise en danger d’une économie ?

Le modèle économique du matériel informatique s’appuie sur un renouvellement régulier des équipements et il n’est pas de l’intérêt des constructeurs de commercialiser des appareils capables de durer 10 ans.

Pour éviter cela, ils peuvent s’appuyer sur une augmentation régulière de la puissance des nouveaux appareils pour générer une demande pour le dernier modèle, (et éventuellement un besoin en ressources des systèmes).

Ou encore miser sur la fragilité parfois excessive de certains modèles malmenés par un usage permanent, ou bien une limitation de la durée des batteries associés à de faibles possibilités de réparation.

Et à qui le tour ensuite ?

Les tablettes étaient capables de durer, leur utilisation n’était pas agressive ni exigeante en ressources…  Qu’elles reposent en paix.

Je vous laisse le choix des prochaines victimes : les consoles de jeux ou les pc bureautiques ?

 

Olivier Piochaud, Président Directeur Général d’Apsynet

Catégories : Mobilité

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