Depuis que le document est apparu, au début sous forme papier et désormais numérique, on l’a utilisé pour stocker des informations que l’on souhaitait conserver, et par-delà qui avait une valeur unique. On peut imaginer que l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie que l’on situe en 50 avant JC a fait prendre conscience que le caractère unique des données était périlleux et mériterait d’être pris en considération. C’est ainsi que pendant des centaines d’années des moines ont recopiés les écrits d’importance pour éviter que la mémoire ne se perde.

Il en va de même avec nos données numériques mais la facilité de réaliser des sauvegardes a fait naitre d’autres enjeux.

 

Les débuts de la sauvegarde

 

Les premières sauvegardes se faisaient sur bande, sans autre objectif que de disposer D’UNE sauvegarde. Je me souviens d’une anecdote en 1986 où un système de surveillance vidéo avait été mis en place, et l’historique sauvegardé sur bande magnétique. La bande tournait une semaine, puis se rembobinait et recommençait. Autant vous dire que, lorsque quelques mois plus tard nous avons voulu consulter la bande, nous n’avons assisté qu’à une magnifique tempête de neige et investi dans quelques bandes supplémentaires …

 

 

 

Les sauvegardes différentielles

 

Avec le volume croissant et la présence de base de données, la sauvegarde a dû évoluer. Rapidement le volume global est devenu tel qu’il a fallu envisager des sauvegardes partielles. On initiait alors une première sauvegarde complète puis les suivantes portaient uniquement sur les changements du jour en mode incrémental. Mais une seule bande défectueuse suffisait à perdre tout l’historique. On est donc passé au mode différentiel, en sauvegardant chaque jour toutes les différences avec la sauvegarde initiale. Le sujet le plus délicat de la sauvegarde sur bande était l’absence de test de qualité du résultat, combien de bandes se sont avérées illisibles ou tout simplement sans contenu.

 

La sauvegarde sur disque

 

Heureusement la baisse du prix à l’octet des disques a permis de s’orienter vers les disques optiques puis les disques durs traditionnels.

La durée de vie de ces médias, leur vitesse et leur souplesse d’utilisation permettent des sauvegardes permanentes, sans manipulation de média ni arrêt de production. Encore faut-il s’assurer de la pérennité des données

 

Les sauvegardes hors-site et hors-ligne

 

Certains client d’OVH, ou les victimes de crypto virus ont pu constater dans la douleur que stocker ses sauvegardes sur le même site que les données originales n’était pas une bonne idée en cas d’incendie, ou encore que le cryptage des fichiers pouvait s’étendre aussi aux sauvegardes restées en ligne.

Moralité, la sauvegarde des données doit se faire hors-site et des jeux de sauvegarde doivent-être régulièrement extraits, contrôlés, et stockés en dehors de tout espace connecté ou physiquement vulnérable.

 

Olivier Piochaud, PDG d’Apsynet