Un verre à moitié plein ou à moitié vide ! Suivant son point de vue, on pourra voir la France comme un pays en avance sur l’accès à Internet et son adoption par tout un chacun, tout autant que comme un pays à la traine voire rétrograde.

 

Tout d’abord regardons nos forces : l’Internet fixe

 

C’est avant tout un accès libre et un usage sans limite, pas de quota et pas de bridage pour l’Internet fixe. Le tout à un des plus bas prix de tous les pays européens.

Difficile de dire si c’est le monopole France Telecom des premières années de l’Internet qui a permis la généralisation de l’accès par l’ADSL, relayé par la pression appliquée par Free sur les tarifs, mais ces 2 points ont offerts à nombre d’entre nous leur premier accès Internet.

 

Pour ce qui est des faiblesses :

 

Au-delà de l’ère ADSL, lorsque le besoin en débit s’est accru pour traiter des volumes toujours croissants, la nécessité de repenser l’infrastructure d’accès a conduit les opérateurs à faire des choix, et la couverture haut débit confiée aux acteurs privés s’est vue appliquer une logique commerciale et non celle d’un service public.

Au bilan, entre des zones blanches ou des ADSL à débit réduit (et ce parfois à quelques kilomètres de grandes métropoles), il subsiste de nombreux français incapables, même dans leur propre foyer, et ce quel que soit le prix qu’ils sont prêts à payer, de bénéficier d’un accès haut débit.

 

Au chapitre des offres mobiles, tout n’est pas aussi rose :

 

Les ambitions financières exagérées de nos gouvernants ont rendues les choses moins simples et les trop rares acteurs ont longtemps peiné (et peinent toujours) à proposer des offres équilibrées en termes de prix et de volume d’échanges autorisé. Mais l’évolution rapide des besoins et des usages mène, sans doute possible, vers des offres plus souples.

 

Peut-on résoudre le problème ?

 

On pourrait imaginer de pallier le problème en de nombreux endroits, avec un réseau terrestre Wifi, Wimax ou des faisceaux laser, sous licence privée ou le contrôle de collectivités locales, voire comme dans d’autres pays financés par les acteurs commerciaux locaux et totalement gratuits.

Mais entre les opérateurs qui dénient aux collectivités le droit d’offrir leur propre service et la peur d’Hadopi qui impose « une surveillance de l’utilisation de son accès », la France est à la traine sur ce sujet et les partages communautaires des opérateurs ou indépendants comme le réseau FON sont des échecs.

Seules les récentes décisions de l’Union Européenne et son projet Wifi4eu peuvent à terme ouvrir la porte à un service « wifi universel et gratuit  » si le budget initial devient un tant soit peu sérieux au regard du besoin et des enjeux.

 

Olivier Piochaud, Président Directeur Général d’Apsynet

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