Nous parlons, ici, de gestion de projet.

Une nouvelle vient de tomber à la DSI : « Un besoin est né ».

Les équipes se mettent alors en ordre de bataille. Il faut nommer un chef de projet… Ah oui, mais en tant que tel, puisque nous sommes la Maîtrise d’Ouvrage (MOA), il nous faut préciser l’expression de besoin dans un cahier des charges.

Seulement, la DSI ne maîtrisant pas totalement l’environnement technique du projet, décide de faire appel à un AMOA pour écrire un cahier des charges qui soit le plus précis possible.

Le MOE intervient.

Il analyse le cahier des charges et évalue les moyens techniques et humains pour mettre en oeuvre l’expression de besoins.

Mais le MOE ne connait pas forcément le métier et l’environnement de la MOA. Il fait appel à un spécialiste du métier : AMOE

C’est à ce moment là que l’on oublie un acteur essentiel : les parties prenantes. Derrière les parties prenantes, on retrouve les acteurs financiers (la DAF) qui va arbitrer sur l’engagement des dépenses , et enfin (ne les oublions pas), les utilisateurs à qui est destinée cette réponse à l’expression de besoin.

Reprenons : la MOA doit décrire une expression de besoin à travers un cahier des charges, issue soit d’une demande des utilisateurs soit d’une orientation stratégique définie au niveau de la société.

La MOA se fait, la plupart du temps, assister par une Assistance à la Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) pour décrire la solution attendue de la manière la plus précise par rapports aux métiers mis en jeu.

La MOE se charge d’évaluer et de mettre en oeuvre le cahier des charges en tenant compte des contraintes métier de la MOA. Il peut alors fait appel à un Assistant (AMOE), qui est parfois aussi le AMOA.

Mais concrètement, comment tout ceci s’articule?

Prenons un exemple concret, volontairement très éloigné de l’informatique.

Le directeur d’une enseigne de restauration fine livrée à domicile décide de mettre à sa carte des saveurs du Sud-Ouest.

Il est donc la MOA.

Son cahier des charges est, au début, très léger car il y décrit son souhait de saveurs du Sud-Ouest sans plus de précisions, sauf le cadre budgétaire. Il se fait alors assister d’un expert en cuisine du Sud-Ouest (Nous voici avec un AMOA). Le  cahier des charges décrit alors minutieusement le plat du Sud-Ouest qu’il convient de confectionner, à savoir une salade Landaise.

La MOE, destinataire du cahier des charges, se charge d’évaluer le coût, ainsi que la faisabilité. Ne connaissant pas toutes le subtilités des produits du Sud-Ouest, elle décide de faire appel à un expert en cuisine du Sud-Ouest pour identifier les meilleures ingrédients possibles compte tenu de la particularité de la livraison à domicile.

L’évaluation budgétaire peut alors être faite, et si elle rentre dans le cadrage de l’AMOA, alors le projet peut-être concrétisé.

La salade Landaise « Délices du Sud-Ouest » peut alors être mise à la carte.

Autant de personnes pour concevoir un plat, somme toute simple, n’est ce pas un peu exagéré? Bien sur que la métaphore de la salade Landaise a été choisie exprès pour grossir le trait. Mais à la réflexion, nous pouvons tout de même nous demander si un tel modèle n’est pas un peu obsolète, avec une MOA souvent déconnectée du terrain, une MOE qui doit concevoir et fournir une solution pour répondre à des besoins dans un métier qu’elle ne connait pas.

Bref, est-on « Génération Y » compliant avec de telles démarches?

La tendance est, aujourd’hui, de ne plus cloisonner MOA/MOE, mais de voir une gestion de projet pilotée par une équipe complète qui prend en charge toutes les fonctions MOA/MOE. Mais ceci est un autre sujet, sur lequel nous ne manquerons pas de revenir…

PS: Avec des pignons de pin et un filet de vinaigre de fraise, c’est comme cela que la salade Landaise est la meilleure, parole de AMOE..

 

Thierry, Directeur du Consulting chez Apsynet

 

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