Je vais, de nouveau, profiter de cette chronique pour aborder un sujet qui me tient à cœur : oui, l’informatique est écologique, et ce n’est pas une question de point de vue, ni de sémantique.

« L’informatique est un gouffre énergétique, et ne peut pas être écologique ». Ah oui ?

Dans mon entourage, lorsque j’aborde ce sujet, combien de fois ai-je entendu que l’informatique, donc les ordinateurs qui en sont le support, est vorace en énergie, hyper consommatrice de matières premières rares, comme ce que l’on appelle les « Terres rares » ou métaux rares »  (qui ne sont pas aussi rares que cela, malgré leur nom : le cerium, par exemple, est aussi abondant que le cuivre). Et que donc ces arguments majeurs démontrent que l’informatique n’est pas écologique.

Tout d’abord, revenons aux fondamentaux. Que veut dire le mot « Ecologique », et en quoi est-il essentiel pour notre présent et notre avenir ? Son objectif est principalement de comprendre la complexité des écosystèmes naturels, ainsi que leurs interactions. Et quoi de mieux que la puissance de calcul des ordinateurs pour pouvoir modéliser tout cela ?

Regardons, tout de même, un peu les faits.

Soyons objectifs l’informatique a permis une diminution considérable de la consommation de papier. Et le papier reste, tout de même, une matière première extrêmement sensible. Non pas dans la consommation de bois qui reste une matière première renouvelable (quoique), mais plutôt dans les traitements chimiques nécessaires pour rendre le bois exploitable en papier.

La consommation d’énergies fossiles dans les véhicules diminue grâce aux ordinateurs de bord qui optimisent la consommation. Rappelons-nous simplement que les véhicules des années 60-70 avaient une consommation de plus de 10 litres aux 100 kilomètres , et je ne parle pas des rejets afférents.

L’irrigation des cultures, qui nécessite beaucoup moins d’eau grâce aux ordinateurs qui adaptent les débits en fonction de la maturité de la culture, des prévisions météo. Aucun chiffre officiel ne fait état des économies en eau liées à une informatisation de l’irrigation, mais certains témoignages font état de 30 à 40% d’eau économisée. N’oublions pas que l’agriculture consomme 90% de nos ressources en eau (source : kaizen-magazine).

Il y a beaucoup d’autres sujets pour lesquels des algorithmes bien pensés optimisent drastiquement la consommation de ressources naturelles (c’est quasiment une liste à la Prévert), mais je ne prendrai que ces exemples-là, qui sont assez représentatifs de l’impact positif de l’informatique sur l’écologie.

 

L’avenir de l’écologie, et donc de notre environnement, passe par l’informatique ?

Evidemment, l’informatique est désormais au cœur de tous nos comportements, puisque les systèmes nous assistent pour rationaliser nos consommations, qui avaient tourné à l’excès ces dernières décennies.

L’excès est justement l’usage que nous sommes en train de faire de l’informatique. De façon similaire à ce que nous faisions collectivement dans les années 60-70, à savoir consommer à l’excès des ressources comme le pétrole, car il n’était pas cher, nous le reproduisons collectivement avec les facilités que nous offre l’informatique.

L’énergie nécessaire pour l’échange mondial d’emails pendant une heure (10.000.000.000) correspond à la consommation de 4 000 aller-retour Paris/New-York.
Combien d’emails inutiles envoyons nous par jour ? Et d’ailleurs, soyons honnêtes, combien d’emails gardons nous inutilement (juste au cas où) dans notre boite aux lettres ? C’est  énergivore à l’extrême en espace de stockage.

Je reviendrais, dans un autre papier sur le concept « d’écologie informatique », où là il y a encore beaucoup de travail. La notion d’email périssable par défaut s’il n’est pas explicitement sauvé est une bonne idée, par exemple.

En conclusion, l’informatique rend de grands services à l’écologie, mais il ne faudrait pas que nos habitudes de consommation excessive, déséquilibrent la balance entre profits et pertes.