On est tous familier avec le concept d’immobilisation : j’achète un bien, un ensemble de biens ou encore une prestation, son usage va être pluriannuel donc je crée une immobilisation.
Ça c’est la base, vous noterez que j’ai dit j’achète UN bien ou UN ensemble, lequel donne UNE immobilisation.
Maintenant, dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours comme ça : il arrive que le bien soit composé de plusieurs achats, parfois faits à différents moments, parfois même avec des durées ou des dates d’amortissement différentes. Ce cas implique de créer plusieurs immobilisations.
Il s’agit quand même de conserver une trace que ces différentes immobilisations sont liées les unes avec les autres.
Voyons maintenant les situations concrètes qui conduisent à ce type d’organisation.
L’assemblage de biens
Je procède à différents achats, l’objectif étant de construire un ensemble qui normalement n’a plus de raison d’être séparé : par exemple, pour la fourniture et la pose d’un portail, il est tout à fait possible que je reçoive 2 factures.
- une pour la fourniture du matériel,
- une seconde pour la pose.
Ou bien encore je construis un ordinateur avec d’un côté la machine, de l’autre peut-être le système de stockage, éventuellement une alimentation secourue.
Ou même tout simplement un fournisseur vous fait parvenir deux factures distinctes pour des raisons de livraison, de taxes, etc.
Dans ces situations, le bien final a très peu de chances d’être dissocié, et nous devons donc regrouper les immobilisations.
Le plus simple est alors de créer une immobilisation maître qui portera normalement le coût principal et à laquelle seront liées les immobilisations secondaires.
Le réassort
Dans un réassort, une immobilisation regroupe de nombreux éléments similaires, dont certains disparaissent ou se remplacent naturellement au fil du temps.
Par exemple, si j’équipe la salle des fêtes avec 500 chaises, il est probable que je doive en racheter régulièrement pour maintenir le niveau d’équipement.
Les achats ultérieurs devront être reliés à l’immobilisation principale et représenter une nouvelle immobilisation, d’abord parce qu’il s’agira de factures différentes et ensuite parce que l’amortissement sera forcément décalé.
Les factures décalées ou complémentaire
Au cours du cycle de vie d’un bien, il peut être nécessaire d’y ajouter divers éléments ou prestations : réparations, opérations de maintenance, abonnements ou encore composants complémentaires.
Dans tous ces cas, compte tenu du délai écoulé depuis l’acquisition initiale, il n’est pas possible de modifier la valeur de l’immobilisation principale.
Il convient donc de créer une nouvelle immobilisation pour chaque dépense significative et de la lier à l’immobilisation d’origine, afin de conserver une traçabilité cohérente du patrimoine immobilisé.
Pourquoi relier des immobilisations entre elles ?
Pour comprendre l’intérêt de lier plusieurs immobilisations, il faut revenir à la logique même de l’immobilisation : elle vise à valoriser durablement le patrimoine et à permettre, au bon moment, de décider si un bien doit ou non continuer à en faire partie. Pourquoi cela ? Dans un premier temps parce qu’elle n’a plus de valeur et dans un second temps parce qu’elle n’a plus d’utilité.
Il est clair que dans ce cas-là tout ce qui est indéfectiblement lié à l’immobilisation initiale doit suivre le comportement de celle-ci.
On doit donc lors de la réforme de l’immobilisation principale, réformer les immobilisations liées.
Pour conclure, la gestion des immobilisations ne consiste pas seulement à enregistrer un bien lors de son achat. Dans la pratique, certaines situations conduisent à créer plusieurs immobilisations distinctes, qu’il est nécessaire de relier entre elles pour préserver une vision cohérente du patrimoine.
Cela facilite aussi la gestion du cycle de vie des biens. Cette logique garantie une traçabilité solide.